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Coupures d’électricité à Bamako : Lumière sur l’obscurité

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Au cours de ce mois d’octobre, certains quartiers du district de Bamako, ainsi que d’autres régions du pays, sont confrontés à des coupures  inhabituelles d’électricité qui peuvent durer parfois des heures.

Toujours bienveillante envers sa clientèle, la direction Générale de la Société d’Energie du Mali (EDM-S.A) a donc organisé mardi dernier à son siège, un point de presse pour expliquer les raisons de ces coupures et les mesures prises pour les circonscrire.

Le point de presse a été présidé par M. Ladio Sogoba, directeur général adjoint de l’EDM-S.A, en présence des chefs de services, M. Aboubacar Sacko de la gestion d’électricité en temps réel, M. Amadou Touré, de la production, M. David des transports et plusieurs agents de la Société.

Le but de la rencontre était d’échanger avec la presse sur les récentes coupures systématiques depuis le début de ce mois, les mesures en cours pour les endiguer et les perspectives quant à l’amélioration de la qualité de l’électricité au Mali. Il s’agissait aussi d’informer l’opinion publique nationale sur la complexité du système électrique, de la production à la commercialisation en passant par la distribution.

Selon M. Ladio Sogoba, DGA de l‘EDM-S.A, le système électrique (ou réseau électrique) est constitué de centrales alimentées par des moteurs  à diésel ou hydraulique qui produisent le courant.  « L’EDM-S.A achète aussi de l’électricité à d’autres pays, notamment la Côte d’Ivoire, le Sénégal, la Mauritanie suivant leurs disponibilités. Il y a aussi la part de notre pays dans la centrale électrique de Manatalie », ajoute-t-il.

Il dira ensuite que toutes ces centrales sont érigées par ce qu’on appelle les autoroutes de l’électricité ou les fils de transport.

« Le courant une fois transporté,  est stocké dans des grosses boites de 225000 à 30.000 Voltes pour la transformation, puis la distribution », a expliqué le technicien qui ajoute que la procédure est suivie en temps réel, parce que l’électricité ne s’arrête pas et va à une vitesse de 300.000 km/s.

Mais, souligne le DGA de l’EDM-S.A, du 1er jusqu’au 15 octobre, 2 grosses liaisons de nos autoroutes de transport, notamment les lignes de  150.000 voltes de Kodialani-Lafia  et celles  de 30.000 voltes entre Lafiabougou et Darsalam, ont eu 20 incidents majeurs. A cela s’ajoutent, dit-il, les 8 incidents des autoroutes électriques de la Côte d’Ivoire.   « Ces incidents provoquent automatiquement des coupures d’électricité pour la protection des installations. Mais, au niveau national, on transfère l’électricité à d’autres postes jusqu’à ce que la ligne revienne. Toutefois, cela crée des surcharges au niveau de ces postes de transfert et provoquent aussi des coupures», a  expliqué M. Sogoba.

Selon le conférencier, cette procédure de transfert à d’autres postes n’est pas possible avec les pays qui nous fournissent du courant. Parce que, dit-il, une fois qu’il y a un incident,  il n’y a plus de secours et toute la demande se perd.

En plus de ces incidents avec les autoroutes de transport qui nous lient à la Côte d’Ivoire, dira M. Sogoba, le Sénégal a arrêté de nous vendre de l’électricité (depuis le mois de mai), parce qu’il n’arrive plus à satisfaire sa propre clientèle, tandis que la Mauritanie a diminué son quota.

Des insuffisances d’eau

Le directeur adjoint de l’EDM-S.A a aussi a expliqué que depuis des années, notre pays est confronté à des problèmes d’insuffisance d’eau dues au manque de pluies abondantes.

«En  2013, nous avons eu 96 jours de déversement, 114 en 2014,  65 en 2015, 68 en 2016 et 15 jours seulement en 2017. Cela veut dire tout simplement qu’il n’y a pas d’eau pour produire suffisamment d’électricité», a indiqué M. Sogoba.

Aussi, au niveau de la Centrale électrique de la Manatalie (appartenant à l’OMVS), la part de notre  pays est de 104 mégas watts quand y a suffisamment d’eau. « Mais, actuellement nous n’avons que 61 mégas watts. Parce que, la centrale est en dessous de 2m de moins du niveau de remplissage », a ajouté M. Sogoba.

En plus, déplore-t-il, la centrale de Balingué, est confrontée à d’énormes difficultés dues à des souffres dans l’air et la station de dépuration de la SOMAGEP. « Or, 60% de l’électricité fournie pour Bamako passe par  cette centrale », a ajouté M. Sogoba.

Ce sont là, entre autres les problèmes qui limitent actuellement la capacité de production de l’électricité de EDM-SA a commenté le technicien Sogoba de la société.  Qu’à cela ne tienne rassure-t-il, les réparations sont en cours et toute l’équipe de l’EDM-S.A est mobilisée à cet effet.

La demande plus grande que l’offre

Par ailleurs, le conférencier a expliqué que l’offre est très limitée par rapport à la demande. Pour cause, explique-t-il, il y a un sérieux manque d’investissement.

« La demande d’électricité au Mali augmente de 10% chaque année. Pour y faire face, il nous faut un investissement de 30 milliards par an. Or, l’électricité n’est pas vendue au vrai prix dans notre pays», signale-t-il.

A en croire, le directeur adjoint de l’EDM-S.A, le courant est produit dans notre pays à 130 FCFA et vendue à 98 FCFA. « L’Etat essaye de nous subventionner, mais, tant qu’on ne considère pas que le courant est un produit marchand qui s’autofinance, la demande sera toujours  plus grande que l’offre », signale-t-il.

Enfin, M. Ladio Sogoba a rassuré que des projets sont en cours et verront le jour entre 2020 et 2021. « Mais, même après la réalisation de ces projets, on fera toujours face aux mêmes difficultés. Cela, tant que la commercialisation ne finance pas la production », conclura-t-il.

Djibril Kayentao

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