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Faits divers : L’injure de trop

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Suite à des injures grossières que l’un proféra à l’endroit de l’autre, deux copains se disputèrent. Le duel qui les opposera se terminera dans le sang.

Avec la libre circulation des armes blanches et des armes de poing de tous types, l’insécurité a tendance à s’enraciner dans les rues et ruelles de la ville de Bamako. Un constat est malheureusement à déplorer. La triste réalité crève les yeux. Un fait n’est un secret pour personne. Au delà de l’exécrable conduite des bandits de grand chemin, certains adolescents n’hésitent plus à se promener, voire à s’exhiber dans les rues avec des armes blanches de tous types. Conséquences immédiates sur le quotidien de ces jeunes gens, des influences négatives importées (dans certains cas) du monde du show biz. Ici, certaines stars de musique rap incitent ni plus ni moins leurs adeptes à la violence.

Ainsi, dans de nombreux endroits (quartiers périphériques pour la plupart) de Bamako, pour un oui où pour un non, ces jeunes aux comportements en porte à faux avec la société, n’hésitent pas à se servir de leurs armes, constamment dissimulées dans leurs poches. La présente histoire en est un cas patent. Il a suffi d’une banale discussion entre ces deux copains du même cercle d’amis. Au cours des échanges, l’un a perdu le contrôle de ses nerfs et proféré des injures graves à l’endroit des géniteurs de l’autre. Dès lors, la dispute prit une tournure dramatique après que les deux ados en furent venus aux mains. L’un a fini par « piquer » l’autre avec un petit couteau appellé dans le jargon « six ». Les faits se sont passés en début de semaine dernière, à Dontèmè II, un des secteurs du quartier populeux de Djicoroni–Para, en commune IV du district de Bamako. Comment ?

Les « grins » sont des lieux de regroupement des jeunes. Rares sont les rues ou ruelles de la capitale qui échappent à ce phénomène quasi général. Ces cercles de causeries, où on discute de tout et de rien à la fois, ont tendance à perdre l’ambiance distractive qui devrait (en principe) les animer, au détriment des futilités. L’esprit de violence est en passe de prendre le pas sur la distraction. Pour rappel, il y a quelques temps de cela, dans ces mêmes colonnes, une histoire du même genre s’était produite dans le même secteur du même quartier de Djicoroni-Para. C’est un peu comme si l’histoire se répétait au même endroit. Nous désignons les deux protagonistes par les initiales S et P. Ces derniers sont deux ados bien connus des voisins du secteur pour leur conduite pas toujours exemplaire. Dans notre société, une maxime ne dit-elle pas que celui qui n’a pas épargné ses propres parents, n’épargnera personne ?

Le jour des faits, P et S discutaient comme ils en avaient l’habitude lorsqu’ils se retrouvent entre copains. Plus le temps passait, plus la ton montait. Il est arrivé un moment où P semblait avoir perdu son self control. En ce moment précis, ce jeune homme était devenu comme hors de lui. Les yeux fermés, et sans hésiter une seconde, il proféra des injures grossières à l’endroit de la mère de son vis à vis comme s’ils ne se connaissaient pas du tout. C’était suffisant pour qu’il mette le feu aux poudres. Les deux protagonistes ignoraient complètement que les choses allaient prendre une tournure dramatique plus tard.

Dans le feu de l’action, S, la victime des propos injurieux a donné l’impression à son adversaire qu’il avait accusé le coup. En réalité il avait opté pour cette attitude afin de tromper la vigilance de cet ami belliqueux, mûrissant sa vengeance. Aussi P aura l’impression d’avoir pris le dessus sur son adversaire. Une impression qui l’avait sans nul doute ragaillardi, à tort, comme il s’en rendra compte. Il n’avait pas compté avec toute la volonté de sa victime de laver l’affront qu’il avait subi, aussi longtemps que cela durera. Le garçon n’avait pas du tout digéré le fait que celui qui était en face ait pu proférer de telles insultes. Et surtout, suite à une simple et banale discussion, comme ils en avaient l’habitude d’en avoir. Intérieurement blessé dans son orgueil, il se jura de faire payer à l’indélicat copain la pièce de la monnaie à sa façon.

Pour cela, S se fit accompagner d’un autre copain, à qui il avait certainement expliqué l’affront qu’il venait de subir quelques temps plus tôt. Les deux ont attendu le moment propice pour cela. Quelques jours plus tard, les deux protagonistes ont fini par se retrouver quelque part dans une ruelle du quartier. Il a alors suffi que cela soit pour qu’ils engagent les hostilités de nouveau. Ils engagèrent un combat farouche dans un coin de rue. Apparemment, la victime des insultes était bien préparé pour affronter son adversaire dans cet ultime combat. Ainsi, le rapport de force lui était favorable. Il profita de la confusion créée pour se venger de la plus atroce des manières. Dans la foulée, il porta trois coups de couteau à son ami sans donner le temps à ce dernier de pouvoir se défendre. L’arme blanche a atteint ce dernier au cou, à la tête et au ventre. Une fois qu’il a accompli la mission qui le tenait à cœur, S laissa tomber son arme à terre. Pendant ce temps, sa victime avait commencé à se vider de son sang. Le malheureux titubait, et cherchait à se maintenir en équilibre. Il ne lui restait plus que la force de crier pour appeler à l’aide. Ses cris stridents ont alerté une foule de curieux qui est spontanément sortie des maisons du voisinage et des ruelles adjacentes. Très vite, des témoins constateront que l’infortuné gisait dans une mare de sang en pleine rue.

S, le suspect numéro un de ce forfait, ne pourra pas aller loin dans une tentative de fuite désespérée. Peu de temps après, il sera intercepté dans la foulée et bastonné par d’autres jeunes du secteur. Heureusement pour lui, des policiers avaient été déjà informés. Leur intervention rapide lui évitera d’être lynché à mort. Il sera conduit dans les locaux du commissariat.
Entre-temps, sa victime avait été transportée au centre de santé le plus proche où il reçut des soins. Ses jours n’étaient pas en danger, nous ont confié des sources. Quant à l’auteur des coups de couteau, il a été placé derrière les barreaux. Il attendait toujours d’être fixé sur son sort.

Tamba Camara
L’Essor

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