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Présidentielle 2018 au Mali : Quels enjeux pour les candidats ?

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Les Maliens seront appelés aux urnes en juillet 2018 pour le premier tour de l’élection présidentielle. Ce scrutin sera très âpre à disputer vu les enjeux de taille sur le terrain.

Pour le président sortant, Ibrahim Boubacar Kéita, l’enjeu du scrutin est double : être reconduit dans ses fonctions dès le premier tour comme certains de ses partisans l’appellent de tous leurs vœux bien sûr, mais avec un taux de participation suffisamment élevé pour qu’il atteste de l’intérêt des Maliens pour cette élection présidentielle.

Une reconduction nécessaire pour achever le travail commencé de reconstruction du pays, affirme les partisans du chef de l’Etat, et aussi pour conduire une réforme constitutionnelle qu’il compte faire adopter, après l’échec de la première tentative.

Côté opposition, empêcher une victoire au premier tour

Pour l’opposition l’enjeu du scrutin est tout autre. Il s’agit pour Soumaïla Cissé de l’Union pour la République et la démocratie (URD) ou Modibo Sidibé du Fare/An ka wuli, ses deux plus gros concurrents, de faire échouer Ibrahim Boubacar Kéita dans son projet de victoire pour un second mandat.

Et pour le président de l’URD comme pour Modibo Sidibé, il s’agit aussi de montrer que d’une part, l’opposition est toujours aussi vivace malgré un schisme, et d’autre part, que l’heure de la récréation est terminée pour l’actuel régime. Surtout que la gestion du président IBK est décriée par le chef de file de l’opposition, pour qui cette gestion du chef de l’exécutif est catastrophique.

Les jeunes en politique

On se bouscule ferme. Les jeunes arrivent en masse aux portes de la politique et frappent à coups redoublés. Ils revendiquent leur juste place dans l’arène publique. Une arène restée trop longtemps, selon eux, la chasse gardée des ainés, la plantation des anciens et autres “doyens”.

Que souffle désormais sur l’espace politique le vent frais des idées neuves ! Que s’irrigue du sang neuf de la génération montante le débat public ! Après cette charge en règle, calmos et balle à terre ! La réflexion, plutôt que l’invective. Le sens de la mesure et des responsabilités plutôt que la revendication brouillonne. L’analyse froide plutôt que des sautes d’humeur et d’aigreur.

Pourquoi, aujourd’hui, de manière radicale, de jeunes Maliens déboulent-ils sur la scène politique, refusent-ils de tenir le rôle de seconds couteaux ? Eclairons d’un puissant faisceau de lumière les trois préoccupations que voici.

  1. Pour quelles raisons de jeunes Maliens veulent-ils s’illustrer en politique, non plus en position d’auxiliaires mais dans la posture d’acteurs majeurs ?

“Les aînés nous ont déçus”, disent certains jeunes. Et d’ajouter, un rien dépités : “Ils n’ont pensé qu’à eux-mêmes. Nous leur avons servi de marchepied. Aujourd’hui, nous avons tout compris. Comme le dit l’adage : ‘On n’est jamais si bien servi que par soi-même’. (Fin de citation) Cela vaut une déclaration de guerre. Cela tonne comme une rébellion.

Certains autres jeunes, forts de ce qu’ils savent et de ce qu’ils savent faire, des ressources dont ils disposent, estiment être prêts. Ils se sentent interpellés par cette phrase-culte d’Aimé Césaire : “L’heure de nous-mêmes a sonné”.  Puisqu’il en est ainsi et qu’il est dit que l’élève doit dépasser le maître, il n’y a plus qu’à remettre les pendules à l’heure.

  1. De leur expérience en sous-ordre et à l’ombre des aînés, qu’ont-ils appris, qu’ont-ils retenu de la politique nos jeunes compatriotes ?

Dans l’arène politique, disent-ils, la vertu ne semble pas être la  première qualité exigée, la qualité la mieux partagée. Sur un champ de bataille, on n’entoure ni de générosité ni d’amabilité son adversaire. On le croque ! Il faut donc être disposé, en politique, à recevoir des coups et à en donner. Dans l’arène politique, disent-ils encore, on ne fait presque jamais ce qu’on dit et il n’est pas prudent de dire ce qu’on fait ou ce qu’on veut faire. Il faut accepter, en politique, de mentir comme un arracheur de dents, de ramper comme un serpent.

Dans l’arène politique disent-ils enfin, des opportunités pour décrocher le jackpot, le gros lot, à la loterie de la vie sont légion. Les occasions de se servir sans frais ne sont pas rares. L’abreuvoir et la mangeoire ne sont jamais très loin. Est permanente, par conséquent, la tentation de se servir d’abord, compte non tenu du peuple qu’on est censé servir.

  1. A partir de l’idée que nos jeunes se font de la politique, de l’expérience qu’ils ont eu à vivre aux côtés de leurs aînés, quel type d’engagement attendre d’eux ? Par-delà les déclarations d’intention, par-delà les professions de foi ?

Trois types d’engagement politique sont susceptibles d’émerger des rangs de nos jeunes aujourd’hui pressés d’investir le champ politique, de faire la preuve de leur capacité à reprendre les choses en main, à gouverner autrement.

Autant d’enjeux et de conclusions qui seront mesurés le soir des résultats en fonction surtout du taux de participation qui n’atteindra probablement pas les 80 % de 2013. Un peu plus de 8 millions de personnes sont inscrites sur les listes électorales mais l’abstention risque d’être forte.

Assi de Diapé

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